« Je ne sais pas pourquoi mais j’ai pensé à toi en allant voir au ciné Il reste encore demain ». Le message de mon amie m’intrigue. Je m’engouffre sur le net en quête du synopsis. « 1946. Face à son mari autoritaire et violent, Delia ne trouve du réconfort qu’auprès de son amie Marisa avec qui elle partage des moments de légèreté. ». Ce film a enregistré 5 millions d’entrées en Italie.

UNO : pas franchement très joyeuse cette histoire. Due : c’est un film en noir et blanc. Merde : il est en VO. Je vais être obligée de lire tous les sous-titres deux heures durant. Je trouve trois raisons de ne pas y aller. Et pourtant. Toutes ces infos ont piqué ma curiosité. C’est un lundi soir. J’enfile un pull avec son effet de manches assez chic. Je colore mes lèvres d’un rouge rubis et agrémente mon visage de boucles d’oreille pendantes.

Ok pour le haut du corps. Je ris de me voir dans le miroir avec mon legging de sport et mes baskets noires. L’ensemble est ridicule. Jovialement contrastant. A l’image du film que je vais voir. Mais ça, je ne le sais pas encore.
Les valses de violence se transforment en ferventes danses et les soumissions des femmes en silencieuses rébellions.
Se soumettre encore davantage pour protéger les siens dans une période où la violence conjugale était perçue comme normale. Prendre la parole et s’opposer quand nous naissons femmes face à une société patriarcale qui n’accepte pas le NON.

Oui mais comment ?
Délia pense à fuir avec son amour de jeunesse ? La vie s’en mêle et en décide autrement. Sans crier, sans vociférer.
Et si notre pouvoir d’expression ne se situait pas dans la répression et que pour combattre les agressions sous toutes ses formes nous possédions d’autres armes bien plus puissantes. La légèreté. La grâce. La douceur. L’humour. L’ingéniosité. La féminité. 
Et si je laissais définitivement tomber l’armure au profit de l’écriture, le bouclier pour l’encrier, l’épée pour la légèreté. Ma rébellion passera par le crayon.
Il faut juste que je prenne mon courage et ma peur à deux mains pour écRIRE car Il reste encore demain !